Busserole
Arctostaphyllos uva-ursi L.
Physique — Antiseptique urinaire (arbutoside), bactériostatique

Botanique et origine
Noms courants
Busserole, buxerolle, arctostaphyle raisin-d'ours, raisin d'ours (commun), arbousier trainant, petit buis
Nom anglais
Bearberry, mountain box
Classification botanique
Règne : Plantae
Division : Magnoliophyta
Classe : Magnoliopsida
Ordre : Ericales
Famille : Ericaceae
Genre : Arctostaphyllos
Habitat et description
Il s'agit d'un sous-arbrisseau à tiges rampantes d'environ 30 cm de haut. Ses feuilles alternes et spatulées sont coriaces et persistantes, vert brillant dessus, avec une nervation en réseau en-dessous. Les fleurs sont groupées en grappes, à corolle urcéolée, blanches ponctuées de rouge, elles forment de petites clochettes. Les fruits sont des baies globuleuses rouge vif à 5 graines. Elle pousse dans les landes sèches, subalpines, dans les bois clairs, sur les rochers et sur les terrains siliceux, acides et humides. Ses racines raffermissent les sols secs et meubles.
Origines courantes
Hémisphère nord (Asie, Amérique, mais aussi Europe), régions fraîches et montagneuses
Période de cueillette
La récolte des feuilles se fait au courant de l'été.
Histoire et usages traditionnels
Son nom "busserole" vient du provençal "bouisserolo", qui désigne le buis, par analogie de forme entre les deux arbrisseaux, mais pas d'un point de vue thérapeutique. Le nom d'espèce "uva ursi" signifie « raisin d'ours », d'où un de ses noms vernaculaires français mais aussi sa dénomination anglaise "bearberry". Il semble que les ours raffolent des baies de cet arbuste comme de toutes les baies de la même famille (canneberge, myrtille).
Les Amérindiens consommaient les baies dans les bouillons et les soupes, avec de la viande. Ils utilisaient également les feuilles séchées, avec du tabac et d'autres plantes à fumer, dans leur calumet de paix. Pour eux, la busserole avait le pouvoir de calmer les esprits, de clarifier les idées et de favoriser l'entente entre les peuples.
Les feuilles riches en tanins servaient autrefois à tanner les peaux dans le nord de l'Europe.
Au XVIème siècle, l’école de Montpellier a vanté ses vertus diurétique, désinfectant des voies urinaires et dissolvant les petits calculs. Puis elle tomba dans l'oubli au XVIIIème siècle avant d'être redécouverte, en partie grâce au succès de la canneberge.
Extrait et composition
Partie utilisée
Feuilles
Constituants biochimiques
- Tanins (10 à 20%)
- Phénol simple : arbutoside (6 à 10%)
- Flavonoïdes : quercétine, myristicine, hypéroside
- Triterpènes : acide ursolique
- Iridoïdes : monotropéoside
- Acides phénols : acide gallique, acide ursolique
- Allantoïne
- Saponoside
Propriétés organoleptiques
Odeur : faible
Saveur : astringente, légèrement amère
Propriétés et usages
Propriétés en aromathérapie scientifique
Voie interne :
– Antiseptique urinaire (arbutoside), bactériostatique
– Diurétique (à forte dose, inhibe la diurèse)
– Astringente
– Antibactérien
– Anti-inflammatoire des voies urinaires
Voie externe :
– Blanchiment de la peau (inhibition d'une enzyme au niveau des mélanocytes)
Indications traditionnelles
Voie interne :
– Cystites, infections urinaires
– Lithiase urinaire
– Colibacillose rénale, pyélonéphrite
– Hypertrophie de la prostate, prostatite
– Urétrite
– Enurésie
– Rétention d'urine
– Leucorrhées
– Inflammations du bassinet et du rein
– Hémorragies utérines
– Diarrhées
– Bronchites, catarrhes
Voie externe :
– Hyperpigmentation
Exemples d’utilisation
- En décoction : 12 g de feuilles séchées pour 1 L d'eau. Faire bouillir 3 à 4 minutes, puis laisser infuser 15 minutes. Boire 1 L par jour entre les repas en cas d'infections urinaires, pendant 10 jours.
- En infusion : 20 g pour 1 L d'eau. 3 à 4 tasses par jour pour les propriétés diurétiques.
- En teinture-mère ou en extrait fluide : 30 à 40 gouttes dans 1 L d'eau, 3 fois par jour pendant 10 jours.
- En EPS : 20 ml, soit 4 cuillères à café, à mettre dans 1 L d'eau et à boire dans la journée, pendant 10 jours.
- En poudre : 2 à 8 g par jour.
- Extrait sec hydro-alcoolique 300 mg : 2 gélules 3 fois par jour pendant 10 jours avec un grand verre d'eau. Boire beaucoup d'eau le reste du temps. Privilégier les formes galéniques apportant l'équivalent de 400 à 840 mg de dérivés hydroquinoniques.
Précautions et contre-indications
- Ne pas utiliser de trop fortes doses et ne pas dépasser une à 2 semaines de traitement sans avis médical. La forte teneur en tanins peut entraîner des nausées, vomissements, perte d'appétit et douleurs gastriques. De plus l'hydroquinone serait toxique pour le rein et le foie en usage prolongé.
- Contre-indiquée chez la femme enceinte, allaitante et chez les sujets souffrant de lésions rénales, de constipation.
À retenir et références
À retenir
Cette plante est intéressante pour son action diurétique, antiseptique et anti-inflammatoire des voies urinaires. Elle est efficace en cas de cystite et autres infections urinaires, ainsi qu'en cas de diarrhée. Elle ne doit pas être utilisée à trop forte dose ni sur une longue durée.
En savoir plus
Plusieurs équipes de chercheurs ont prouvé l'efficacité de la busserole sur les problèmes de la sphère urogénitale, comme antiseptique et bactériostatique (empêchant les bactéries de se développer et de se coller sur les parois). Son principe actif, l'arbutine, est métabolisé dans les voies urinaires, où il se dégrade en glucose et en hydroquinone, substance très proche du phénol, un puissant antiseptique, particulièrement efficace contre Escherichia coli, une bactérie responsable de nombreuses cystites, mais aussi contre Candida, Staphyloccocus, Salmonella. La plante libère son principe anti-infectieux exactement là où il est nécessaire, puisqu'il s'élimine par les voies urinaires. Cela nécessite un milieu (urines) alcalin.
Bibliographie et références
- Traité pratique de phytothérapie–Dr. Jean-Michel Morel–Editions Grancher
- L’herboristerie – Manuel pratique de la santé par les plantes–Patrice de Bonneval–Editions désiris
- Se soigner par les plantes–Dr. Gilles Corjon–Editions Jean-Paul Gisserot
- De la lumière à la guérison, la phytothérapie entre science et tradition–P. Depoërs, F. Ledoux, P. Meurin–Editions Amyris
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