Camomille matricaire
Matricaria recutita L.
Physique — Anti-inflammatoire, anti-ulcéreuse
Subtile — Légèrement réchauffante

Botanique et origine
Synonymes botaniques
Matricaria chamomilla L.
Noms courants
Camomille matricaire, Camomille bleue matricaire, Matricaire, Camomille allemande, Petite camomille, Camomille sauvage
Nom anglais
German chamomile
Classification botanique
Règne : Plantae
Division : Magnoliophyta
Classe : Magnoliopsida
Ordre : Asterales
Famille : Asteraceae
Genre : Matricaria
Habitat et description
La camomille matricaire est une plante herbacée annuelle de 20 à 50 cm de hauteur à l’odeur caractéristique qui affectionne les terrains bien drainés, siliceux, argileux, elle pousse dans les champs, clairières de forêts mais pas en altitude au-delà de 1600 mètres. Elle est composée d'une tige unique et rameuse. Sa racine pivotante est fibreuse et chevelue.
Ses feuilles inférieures forment une rosette, les suivantes sont disposées de façon alterne sur les tiges. Finement découpées, elles sont bi à tripennatiséquées, épaisses et de couleur vert sombre. Ses segments sont longs et larges. Elle est composée de nombreux capitules formés d’un réceptacle creux, dépourvu de paillettes. Ceux-ci portent des petites fleurs tubuleuses jaunes au centre et ligulées blanches à l'extérieur. L'involucre qui se situe à la base du capitule est constitué de bractées membraneuses tirant sur le vert.
Le fruit de la camomille matricaire est un petit akène cylindrique à 4-5 côtes tirant sur le blanc jaunâtre.
La floraison a lieu de mai à octobre.
Origines courantes
Europe du nord, Afrique du nord, Asie tempérée (Moyen-Orient, Asie centrale)
Période de cueillette
En été, lorsque les fleurs sont épanouies (mai à août), si possible sous le soleil de midi.
Histoire et usages traditionnels
La camomille matricaire provient du grec « khamaimêlon » qui signifie « pomme rampante » en raison de l’odeur de ses feuilles qui s’apparente à celle de la pomme verte et « matrix » (matrice) ou « matricaria » (femme) car employée pour réguler les menstruations féminines et accompagner les naissances. « recutita » vient du latin « recutitus » (circoncis) faisant allusion au fruit sans pappus.
L’une de ses désignations vernaculaires, celle de “Camomille allemande” lui a été donnée en raison de son étendue en Europe du Nord et dans les steppes d’Eurasie où elle était particulièrement affectionnée par les populations locales.
Dans la mythologie nordique elle appartient aux neuf plantes sacrées dont le dieu Odin fit cadeau aux hommes.
Sa dimension symbolique fut particulièrement marquée à l’époque pharaonique puisque les égyptiens la dédiaient au soleil, probablement en raison de ses vertus fébrifuges.
Pendant l’Antiquité grecque, Dioscoride (médecin, pharmacologue et botaniste du 1er siècle) et Claude Galien, médecin du 2ème siècle l’avaient mentionnée en raison de ses vertus fébrifuges mais aussi antalgiques.
Au cours du VIe siècle la camomille matricaire était déjà utilisée pour ses nombreuses vertus, favoriser le sommeil, apaiser les douleurs musculaires et aider à la digestion comme tonique amer.
Au Moyen-Age, elle était réputée pour repousser les sortilèges et était disposée tout autour de la maison en guise de protection. On lui accordait également le pouvoir d’attirer l’argent.
Aujourd’hui la camomille matricaire fait partie de la pharmacopée de près de 25 pays dans le monde.
Extrait et composition
Partie utilisée
Fleurs
(capitules
odorants)
fraîches
(lorsque
c’est
possible)
ou
séchées
(surtout
digestives)
;
la
plante
perd
rapidement
ses
propriétés
(notamment
calmantes)
une
fois
séchée,
privilégier la plante
fraîche
ou
séchée
depuis
moins
de
6
mois.
Constituants biochimiques
- Huile essentielle (jusqu’à 2%) surtout riche en oxydes sesquiterpéniques (alpha-bisabolol), sesquiterpènes (béta-farnésène, chamazulène…), de couleur bleu indigo
- Lactones sesquiterpéniques : matricine (principe amer, précurseur du chamazulène)
- Nombreux flavonoïdes : apigénine, lutéoline
- Glucosides
- Coumarines : umbelliférone
- Mucilages
- Acides phénols
Propriétés organoleptiques
- Odeur agréable, fruitée, de pomme verte quand elle est fraîche
- Saveur aromatique, douce, amère
Propriétés et usages
Propriétés en aromathérapie scientifique
- Anti-inflammatoire, anti-ulcéreuse
- Antispasmodique
- Tonique amère : apéritive, eupeptique, stomachique, cholagogue
- Carminative
- Fébrifuge
- Emménagogue
- Vermifuge
- Adoucissante, anti-prurigineuse, vulnéraire (voie externe)
- Astringente
- Favorise la détente, calmante nerveuse, anxiolytique légère, sédative du SNC
Propriétés en aromathérapie subtile (énergétique, émotionnelle, chemin de vie)
- Légèrement réchauffante
- Asséchante
Indications traditionnelles
Usage interne :
– Troubles digestifs : digestion lente, brûlures d’estomac, reflux gastro-oesophagien, spasmes gastriques, ballonnements, gastrites, ulcères, colites, colopathie fonctionnelle, insuffisance hépatique
– Coliques du nourrisson, maux de ventre de l’enfant
– Troubles menstruels (douleurs, irrégularité)
– Migraine d’origine hormonale
– Fièvre
– Hémorroïdes
– Nervosité, stress, anxiété, colère, choc émotionnel, troubles légers du sommeil (notamment d’origine nerveuse)
Usage externe :
– Mycoses buccales, inflammations de la bouche et des gencives, de la gorge, maux de dents, hygiène buccale
– Irritation, inflammation des yeux et des paupières, conjonctivite
– Irritations et allergies cutanées, démangeaisons, plaies, brûlures, panaris, ulcères, crevasses, gerçures, eczéma, dermatites
Exemples d’utilisation
Voie interne :
– En infusion : 1 à 2 cuillères à café de capitules frais ou séchés par tasse. Porter à ébullition. Laisser infuser 10 min hors du feu. Boire plusieurs fois dans la journée en cas de fièvre, de crampes menstruelle, entre les repas ; 30 à 60 min après les repas pour ses vertus digestives en petite tasse concentrée pour éviter de trop diluer les sucs digestifs, et le soir pour son action relaxante.
Souvent utilisée en mélange avec d’autres plantes.
– En teinture-mère ou extrait fluide : 20 à 40 gouttes dans un peu d’eau, 3 fois par jour
Voie externe :
– En bain de bouche : infusé concentré ou teinture-mère
– En compresses oculaires : 1 cuillère à soupe dans 125 ml d’eau bouillante, infuser 10 min et filtrer, laisser refroidir un peu, appliquer les compresses imbibées d’infusion encore chaude (non brûlante).
– En inhalation : une cuillère à soupe bombée dans 1 L d'eau bouillante, inhaler en cas de rhume, sinusite
– Dans l’eau du bain : infusé concentré, 50 g de fleurs dans 1 L d’eau, infuser 1h. En cas de fatigue, nervosité, maladies de peau.
– Pour les dermatoses : en cataplasme chaud de la plante entière, en compresses imbibées d’infusion (eczéma purulent, acné) ou en macérât huileux (eczéma sec).
– Sous forme de macérât huileux : en friction contre les névralgies et rhumatismes
Cosmétique
- En soin du visage, la décoction refroidie donne une bonne mine, utile en cas de teint terne, peaux fatiguées
- Elle est utilisée dans les shampooings pour éclaircir et donner de l'éclat aux cheveux, notamment aux cheveux blonds.
Précautions et contre-indications
- Allergie aux lactones sesquiterpéniques ou aux plantes de la famille des astéracées.
- Interaction possible avec les anticoagulants de type anti-vitamine K.
À retenir et références
À retenir
La camomille matricaire est connue pour ses vertus anti-inflammatoire (due au bisabolol et au chamazulène), antispasmodique et relaxante. En cas de crampes digestives, menstruelles, coliques du nourrisson et pour amener une détente en cas de nervosité, elle est toute indiquée par voie interne. Par voie externe, elle soulage en cas de problèmes de peau, d’yeux et de bouche, et aide à éclaircir les cheveux.
En savoir plus
Le terme « Camomille » est utilisé pour désigner plusieurs plantes appartenant à des genres différents. Le nom latin prend donc toute son importance pour savoir de laquelle on parle.
Pour citer les plus connues et utilisées en France en phytothérapie, il convient de ne pas confondre Matricaria recutita (Camomille Matricaire ou Camomille allemande) avec Chamaemelum nobile (Camomille romaine) ou Tanacetum partenium (la grande camomille).
L’effet anti-inflammatoire de Matricaria recutita serait principalement dû au chamazulène et au bisabolol, alors que pour Chamaemelum nobile, il serait plutôt dû à l’action couplée des flavonoïdes et des lactones sesquiterpéniques.
D’un point de vue botanique, Matricaria recutita peut être confondue avec d’autres espèces de matricaires comme Matricaria perforata (Matricaire inodore) ou Matricaria discoidea (Matricaire discoïde).
Une autre matricaire, Matricaria suaveolens (Matricaire odorante) peut quant à elle être utilisée à la place de Matricaria recutita.
Matricaria recutita est utilisée dans une préparation pour le compost en agriculture biodynamique et est également intéressante en viticulture pour le soin de la vigne.
C’est le « Chamomilla » des homéopathes, utile en cas de terrain d’hypersensibilité à la douleur et le caractère colérique.
Bibliographie et références
- Traité pratique de phytothérapie–Dr. Jean-Michel Morel–Editions Grancher
- L’herboristerie – Manuel pratique de la santé par les plantes–Patrice de Bonneval–Editions désiris
- Se soigner par les plantes–Dr. Gilles Corjon–Editions Jean-Paul Gisserot
- Traité pratique et raisonné des plantes médicinales indigènes–F.-J. Cazin–Editions Abel Franklin
- La Santé à la Pharmacie du Bon Dieu – conseils d'utilisation des plantes médicinales–Maria Trében–Edition Ennsthaler
- https://www.altheaprovence.com/blog
Information et responsabilité
Cette fiche est publiée à titre informatif. Pour toute question de santé ou avant un usage à visée thérapeutique, consultez un médecin. L’utilisation de ces informations relève de votre responsabilité. Jody Elleaume rédige cette fiche à titre personnel. Oshadhi n’intervient pas dans sa rédaction et n’est pas responsable de son contenu.
