Ginkgo
Ginkgo biloba
Physique — Veinotonique, diminue la perméabilité capillaire

Botanique et origine
Noms courants
Ginkgo, Arbre aux mille (ou cent ou quarante) écus, Arbre de vie, Arbre de longévité, Abricotier d'argent
Nom anglais
Ginkgo, maidenhair tree
Classification botanique
Règne : Plantae
Division : Ginkgophyta
Classe : Ginkgopsida
Ordre : Ginkgoales
Famille : Ginkgoaceae
Genre : Ginkgo
Habitat et description
Le ginkgo, seul représentant de cette famille, existant déjà il y a plus de 250 millions d'années, est un arbre dioïque qui pousse très lentement et peut atteindre 40 m de haut et vivre 4000 ans. Les feuilles bien caractéristiques sont longuement pédicellées et formées de deux lobes en forme de palmes, elles ne présentent pas de nervure centrale comme c'est habituellement le cas. Les pieds mâles portent des chatons de forme cylindrique et les pieds femelles des ovules. Son système de reproduction est particulier : les ovules (par ailleurs d'odeur très désagréable et irritants), jaunes, semblables à des mirabelles, sont fécondés en-dehors de l'arbre (et ce rarement avant l'âge de 40 ans), qui ne développe pas de fleurs ni de fruits, ni même de véritable graine. Il est capable de résister aux températures extrêmes, aux divers micro-organismes et pollutions (il a même survécu à la bombe atomique d'Hiroshima).
Origines courantes
Chine, introduit en Europe au XVIIIème siècle
Période de cueillette
Les feuilles se récoltent en général en juin-juillet lorsque les concentrations en principes actifs sont les plus élevées, avant qu'elles prennent leur teinte automnale jaune d'or.
Histoire et usages traditionnels
"L'arbre aux mille écus" doit ce nom à la teinte jaune vive que ses feuilles prennent à l'automne.
Originaire de Chine, c'est un arbre sacré qui symbolise le Yin et le Yang ; au Japon, sa feuille est le symbole de la ville de Tokyo. Il est aussi symbole de vie et de renouveau.
En Chine, où il est mentionné près de 3000 ans avant J.-C., seul le "fruit" était utilisé en médecine pour ses vertus calmantes, antibiotiques, expectorantes dans les pathologies pulmonaires (asthme, tuberculose) et en emplâtre sur les engelures, la pulpe facilitait la digestion. Les feuilles étaient utilisées comme insecticide et faisaient office de marque-pages pour éviter la présence de mites dans les livres. En Inde, il est considéré comme un élixir de longue vie.
Le Ginkgo fut importé en Europe au XVIIIème siècle. Son nom d'espèce "biloba" fut donné par Linné en raison de l'échancrure visible sur ses jeunes feuilles leur donnant un aspect bilobé. Ce sont ses feuilles qui retiennent l'attention des scientifiques aujourd'hui pour ses nombreuses vertus médicinales.
Extrait et composition
Partie utilisée
Feuilles
Constituants biochimiques
- Diterpènes : ginkgolides
- Flavonoïdes : biflavones, flavonols
- Tanins : proanthocyanidols
- Lactone sesquiterpénique : bilobaline
- Oses
- Acides organiques
- Acides aminés
- Stérols
Propriétés organoleptiques
Odeur : neutre
Saveur : légèrement amère
Propriétés et usages
Propriétés en aromathérapie scientifique
- Veinotonique, diminue la perméabilité capillaire
- Vasodilatateur artériel, vaso-régulateur
- Active la micro-circulation au niveau cérébral
- Augmente la résistance du cerveau à l'hypoxie
- Améliore l'oxygénation cellulaire
- Anti-oxydant majeur
- Anti-inflammatoire
- Neuroprotecteur
- Augmente la résistance au stress en épargnant le cortisol
Indications traditionnelles
- Insuffisance veineuse, varices, hémorroïdes
- Insuffisance vasculaire cérébrale
- Troubles de la mémoire et de la concentration
- Prévention des maladies neurodégénératives (maladie d'Alzheimer)
- Prévention du vieillissement oculaire, pathologies des yeux (atteintes rétiniennes) et des oreilles (vertiges, acouphènes)
- Artérite des membres inférieurs
- Stress, notamment avant une sollicitation physique ou intellectuelle (examen)
Exemples d’utilisation
– En infusion : 1 cuillère à café de feuilles séchées et broyées par tasse, laisser infuser 15 min, boire 2 à 3 fois par jour.
Cependant certains composés ne se retrouvent pas dans l'infusion (notamment les ginkgolides qui ne sont pas solubles dans l'eau). Les formes extractives sont ainsi à privilégier
– En extraits hydro-alcooliques à partir de feuilles fraîches (teintures-mères, alcoolatures, etc.) : 20 à 30 gouttes dans un peu d'eau 3 fois par jour, ou selon recommandation
– En gélules ou comprimés de poudre cryo-broyée : en France, on trouve des extraits standardisés, titrés à 24 % d’hétérosides de Ginkgo et à 6 % de ginkgolides bilobalide (spécialité pharmaceutique, Tanakan(R)).
Il est souvent conseillé de faire une cure pendant au moins 3 mois.
Précautions et contre-indications
- Un surdosage peut provoquer de légers maux de tête et des troubles digestifs.
- Eviter chez les personnes prenant des anti-coagulants oraux ; les ginkgolides (notamment le B) sont des inhibiteurs du PAF (platelet activating factor).
À retenir et références
À retenir
Le Ginkgo biloba, arbre étonnant par sa résistance au temps, aux climats extrêmes, aux micro-organismes et aux pollutions diverses n'en finit pas de nous dévoiler ses vertus sur le plan médicinal. Activant la microcirculation et améliorant l'oxygénation cellulaire au niveau cérébral, il est particulièrement indiqué pour les déficits cérébraux, la perte de mémoire et la prévention des pathologies neurodégénératives, les troubles visuels et auditifs. Il est également préconisé dans les troubles veineux des membres inférieurs.
En savoir plus
Des études ont également montré une action antivirale, de protection des ostéoblastes dans l'ostéoporose, diminuant l'altération des mitochondries dans l'hypoxie, antifibrose (radio et chimiothérapie), régulateur enzymatique (dans les maladies auto-immunes), régulateur des ribonucléases (inhibant son action dans les cellules cancéreuses mais pas dans les cellules saines).
Et selon Guy Fuinel, le Ginkgo est "l'arbre qui oxygène la tête et ne la laisse pas s'enfermer dans une froideur rigide. Il dégage l'homme de son passé, facilite le lâcher-prise et le regard vers l'avenir.
En outre, il a été découvert il y a quelques années la présence d'une algue verte unicellulaire dans les cellules de ginkgo, une symbiose entre l'arbre le plus vieux de la terre et une des premières classes de végétaux apparues dans l'eau…
Bibliographie et références
- Traité pratique de phytothérapie–Dr. Jean-Michel Morel–Editions Grancher
- Se soigner par les plantes–Dr Gilles Corjon–Editions Jean-Paul Gisserot<br/>- De la lumière à la guérison, la phytothérapie entre science et tradition–P. Depoërs, F. Ledoux, P. Meurin–Editions Amyris<br/><br/>

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