L'Herbier de Jody

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Monographie

Epilobe à petites fleurs

Epilobium parviflorum Schreb

PlanteOnagraceaeParties aériennes
Principales propriétés

Physique — Anti-inflammatoire

Epilobium parviflorum Schreb
Botanique et origine

Noms courants

Epilobe à petites fleurs, Epilobe-mollet

Nom anglais

Willow herb

Classification botanique

Règne : Plantae
Division : Magnoliophyta
Classe : Magnoliopsida
Ordre : Myrtales
Famille : Onagraceae
Genre : Epilobium

Habitat et description

Cette plante herbacée à tige dressée légèrement poilue mesure environ 50 cm. Elle porte des rosettes foliaires persistantes. Ses feuilles sont oblongues, lancéolées, étroites, à peine pétiolées, légèrement dentées, opposées ou verticillées. Les petites fleurs groupées en grappes lâches sont de couleur rose pâle. Les fruits sont des capsules qui renferment de nombreuses graines brunes à aigrettes chevelues et soyeuses (ce qui lui a donné le nom "cheveux de femmes" en Autriche).
Elle pousse dans les lieux humides, au bord des ruisseaux, des marais, dans les terrains vagues et certains jardins.

Origines courantes

France, Europe, mais aussi régions tempérées d'Asie, Afrique, Amérique

Période de cueillette

L'épilobe se cueille pendant l'été en fin de floraison.

Histoire et usages traditionnels

L'épilobe est longtemps restée inconnue pour ses vertus médicinales. La grande épilobe était pourtant connue des indiens qui utilisaient ses vertus anti-inflammatoires pour faire des enveloppements par exemple. La grande épilobe était aussi donnée aux vaches pour les aider à mettre bas et en fourrage pour améliorer leur lactation. L'épilobe à petites fleurs était conseillée en tisane, associée à d'autres plantes, en cas de rétention d'eau. C'est Maria Treben, au XXème siècle, qui la fait connaître particulièrement pour ses vertus en cas de troubles prostatiques. M.-A. Mulot, herboriste, cite l'épilobe rose pour "traiter le sable et le sang dans les urines". Elle est également mentionnée en cas d'épididymite, orchite, prostatite, atrophie testiculaire et dans les douleurs menstruelles.

Extrait et composition

Partie utilisée

Parties aériennes

Constituants biochimiques

  • Flavonoïdes (1 à 2%) : dérivés du kaempférol, de la quercitrine, de la myricitrine (dont le myritroside) et isomycitrine
  • Sitostérols
  • Tanins : ellagitanins (notamment l'oenothéine B, et dérivés de l'acide gallique)

Propriétés organoleptiques

Odeur : neutre
Saveur : astringente, légèrement amère

Propriétés et usages

Propriétés en aromathérapie scientifique

  • Anti-inflammatoire
  • Emolliente, astringente
  • Diurétique, anti-oedémateuse
  • Astringente

Indications traditionnelles

  • Hypertrophie bénigne de la prostate et troubles mictionnels associés (énurésie, diminution de la force du jet urinaire), prévention et accompagnement du cancer de la prostate
  • Inflammations intestinales, colites, diarrhées
  • Cystites, inflammations de la sphère urinaire, accompagnement du cancer de la vessie

Exemples d’utilisation

– En infusion : 30 g dans 1/2 l d'eau ou 1 cuillère à café pour une tasse, infuser 10 min, boire 2 tasses par jour (une le matin à jeun, une autre avant le coucher).
D'autres espèces existent en teinture-mère ou extrait fluide, ou encore en poudre micronisée.
Son efficacité est due à une prise ininterrompue sur une longue période. Il est intéressant de lui associer d'autres plantes à visée prostatique pour compléter son efficacité (Palmier nain ou Prunier d'Afrique).

Précautions et contre-indications
  • Aucune connue aux doses préconisées.
À retenir et références

À retenir

L'épilobe à petites fleurs est particulièrement connue pour ses vertus anti-inflammatoires. Elle est réputée dans les troubles prostatiques et mictionnels associés, mais aussi en cas d'inflammations de la sphère urinaire et intestinale.

En savoir plus

Il existe de nombreuses espèces d'épilobe. D'autres espèces peuvent être utilisées en phytothérapie comme les épilobes à grandes fleurs (Epilobium angustifolium et Epilobium hirsutum) et à petites fleurs (Epilobium roseum, Epilobium montanum) pour les plus courantes.
Des études ont montré que la myritricine a une activité anti-inflammatoire 500 fois plus puissante que l'indométhacine (anti-inflammatoire de synthèse). D'autre part, il a été montré que les tanins (oenothéines A et B) inhibent l'activité de la 5 alpha réductase sur la transformation de la testostérone en dihydrotestostérone (impliquée en cas d'hypertrophie bénigne de la prostate) et de l'aromatase (impliquée dans le cancer).
La racine d'épilobe est utilisée par voie externe en ca d'inflammations de la sphère buccale, d'aphtes, en gargarismes à partir de la décoction.
Les jeunes pousses peuvent être consommées légèrement cuites à la vapeur.

Bibliographie et références

  • L’herboristerie – Manuel pratique de la santé par les plantes–Patrice de Bonneval–Editions désiris
  • Traité pratique de phytothérapie–Dr. Jean-Michel Morel–Editions Grancher
  • Se soigner par les plantes–Dr Gilles Corjon–Editions Jean-Paul Gisserot
  • De la lumière à la guérison, la phytothérapie entre science et tradition–P. Depoërs, F. Ledoux, P. Meurin–Editions Amyris
Epilobium parviflorum Schreb

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