L'Herbier de Jody

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Monographie

Gui

Viscum album

PlanteloranthaceaePartie vertes, feuilles et tiges
Principales propriétés

Physique — Action régulatrice sur la tension, hypotenseur ou hypertenseur

Viscum album
Botanique et origine

Noms courants

Gui, Blondeau, Bois de la Sainte Croix, Bouchon, Vert de pommier, Gillon, Verguet

Nom anglais

Mistletoe

Classification botanique

  • Règne : plantae
  • Ordre : santales
  • Famille : loranthaceae
  • Genre : viscum

Habitat et description

Dans la famille des Loranthacées, toutes les espèces vivent en parasites. Le Gui peut s'installer sur une centaine d'espèces d'arbres. La tige s'enfonce dans le bois de la branche avec un suçoir. Elle peut faire jusqu'à 80 centimètres et se divise dès la base en formant des rameaux articulés. Les feuilles du Gui sont opposées, charnues, oblongues, de couleur vert-jaunâtre et marquées de nervures parallèles. Ses fleurs sont aussi de couleur vert-jaunâtre, groupées à l'aisselle des feuilles. Elles donnent des fruits ronds, blancs, charnus et qui renferment une ou deux graines. La dissémination du Gui est assurée par les grives et les merles qui mangent ses fruits et rejettent ensuite les graines non digérées.

Origines courantes

Toute l'Europe

Période de cueillette

La récolte se fait de début mars à fin avril. C'est pendant cette période qu'il est le plus concentré en principes actifs et qu'il a un grand pouvoir curatif. A cette période, la cueillette est sans risque car les baies ne sont pas encore là.

Histoire et usages traditionnels

Arrivant à maturité en hiver, le Gui se développe à contre-courant des lois végétales habituelles, c'est une plante "en rébellion", un "extra-terrestre". Ce type de végétal fonctionnant "à l'envers" possède des particularités remarquables. En hauteur, le Gui s'installe entre deux mondes, entre le ciel et la terre. Il est toujours vert, symbole d'immortalité, il a beaucoup inspiré les druides. Ceux-ci cueillaient celui du Chêne – particulièrement recherché du fait que cet arbre représente la force et la puissance – avec une serpe d'or le 6ème jour de la lune et le déposait dans un linge pour qu'il ne touche pas le sol, pour respecter sa vocation aérienne. Tout cela se déroulait lors de cérémonies importantes, accompagnées de chants incantatoires.
Le Gui est symboliquement associé au sperme et à la fécondité, en raison de l'aspect de la sève renfermée dans les boules blanches.
Il a d'abord été utilisé pour ses vertus antispasmodiques dans l'épilepsie, les crampes et l'hystérie. Au Moyen-âge, il n'était plus guère utilisé. Il a cependant conservé jusqu'à aujourd'hui son potentiel magique et porte-bonheur, comme on le retrouve chez ceux qui s'embrassent sous ses rameaux "aguilaneuf" (au Gui l'an neuf) ou aux enfants qui frappent aux portes à la quête d'étrennes ("aguignettes").
Guy Faniel dit de lui "Le Gui ne peut être prisonnier. Dans le monde temporel, il suscite la révolte ; dans l'être humain, l'amour ; dans l'être spirituel, la renaissance."

Extrait et composition

Partie utilisée

Partie vertes, feuilles et tiges

Constituants biochimiques

  • Triterpènes et stérols
  • Amines : choline, acétylcholine, tyramine, histamine
  • Phénols
  • Lignanes
  • Flavonoïdes
  • Polypeptides : viscotoxine
  • Glycoprotéines : lectine
  • Alcaloïdes
Propriétés et usages

Propriétés en aromathérapie scientifique

Voie interne :
– Action régulatrice sur la tension, hypotenseur ou hypertenseur
– Anti-scléreux
– Diurétique
– Énergique
– Antispasmodique
– Tonique utérin
– Hémostatique
– Anti-cancéreux
Voie externe :
– Analgésique
– Résolutif

Indications traditionnelles

  • Hypertension ou hypotension, artériosclérose
  • Troubles du métabolisme : diabète, hyperuricémie
  • Hémorragies : nez, métrorragies, hémorragies pulmonaires ou intestinales, prévention du risque d'AVC
  • Arthrose
  • Néphrites chroniques, albuminurie
  • Asthme, toux, coqueluche
  • Adjuvant du traitement de certains cancers
  • Goutte, oedèmes
  • Engorgement lymphatique
  • Tumeurs bénignes, kystes
  • Engelures
  • Leucorrhée

Exemples d’utilisation

Voie interne :
– En infusion ou décoction : 30 à 50 g par litre d'eau ; boire une tasse avant les repas.
– En poudre : une cuillère à café diluée dans une tasse d'eau froide, laisser macérer toute la nuit, boire le tout en 3 fois le lendemain ; 0,5 à 1 g toutes les heures contre les convulsions infantiles.
– En teinture-mère : 10 gouttes par jour pour son action antispasmodique.
Voie externe :
– En décoction : injections vaginales en cas de leucorrhée.
– En cataplasmes : goutte, engorgements.

Précautions et contre-indications

– Précautions d'emploi générales : respecter les doses physiologiques.
– Précautions d'emploi spécifiques :
ATTENTION :
– Son action se développe sur plusieurs semaines, et du fait d'une certaine toxicité potentielle, neurologique notamment, il est nécessaire d'avoir un avis médical avant la prise de cette plante.

À retenir et références

À retenir

Le Gui est intéressant dans le cas de pathologies lésionnelles. Régulateur de la tension, diurétique, anti-scléreux, antispasmodique, il est utile en cas d'hyper- ou d'hypotension, dans les troubles du métabolisme, les rhumatismes de surcharge (goutte) ou dégénératifs (arthrose), mais aussi pour réduire les saignements internes ou externes.

En savoir plus

La feuille de Gui est utile pour les pathologies qui deviennent lésionnelles. L'organisme souffrant d'une surcharge permanente conduit à un épuisement des émonctoires, de l'hypertension avec artériosclérose, tentant de se soulager par des saignements, l'urée augmente. L'hyperacidité tissulaire commande un tamponnement constant du sang qui cherche les minéraux dans la masse osseuse. Le système nerveux souffre. A la fin, ma cellule déclare forfait en s'écroulant dans un processus cancéreux avec solidification des tissus.>
Or le Gui est préconisé dans la médecine anthroposophique dans les états cancéreux, sous forme spécifique injectable.
Plusieurs études en Allemagne et en Suisse, là où le Gui est employé comme adjuvant au traitement de nombreux cancers, ont montré que ses protéines sont stimulantes du thymus, qu'il augmente le nombre des macrophages, favorisant le nettoyage des cellules cancéreuses, et c'est surtout un immuno-stimulant spécifique de la maladie cancéreuse.>
Chez l'Homme, par le biais du sang, il paraît en affinité du lien corps-esprit, mais il nécessite une transformation complexe pour développer son potentiel anti-cancéreux.

Bibliographie et références

  • L’herboristerie – Manuel pratique de la santé par les plantes–Patrice de Bonneval–Editions désiris
  • Traité pratique de phytothérapie–Dr. Jean-Michel Morel–Editions Grancher
  • De la lumière à la guérison, la phytothérapie entre science et tradition–P. Depoërs, F. Ledoux, P. Meurin–Editions Amyris

Information et responsabilité

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