L'Herbier de Jody

← Tout l’Herbier

Monographie

Chélidoine

Chelidonium majus L.

PlantePapaveraceaeFeuilles, rhizome, latex (frais, avant la floraison, voie externe)
Principales propriétés

Physique — Antispasmodique des voies biliaires et du système digestif

Chelidonium majus L.
Botanique et origine

Noms courants

Chélidoine, grande chélidoine, herbe aux verrues, herbe aux boucs, herbe de l'hirondelle, herbe de Saint-Clair, grande éclaire, lait de sorcière, lait de démon, herbe du diable, felougne

Nom anglais

Greater celandine

Classification botanique

Règne : Plantae
Division : Magnoliophyta
Classe : Magnoliopsida
Ordre : Papavérales
Famille : Papaveraceae
Genre : Chelidonium

Habitat et description

C'est une plante vivace en touffe sur un rhizome souterrain épais rouge brunâtre qui peut atteindre 90 cm de hauteur. La tige dressée et ramifiée mesure jusqu'à 50 cm de haut. Elle est creuse, cylindrique, cassante, poilue. Les feuilles inférieures disposées en rosette sont pétiolées, les feuilles caulinaires du sommet sont sessiles, alternes, pennatiséquées (5-7 segments), ovales, lobées, crénelées (parfois dentées). Lorsque l'on casse les feuilles et les tiges, un abondant latex jaune orangé caustique s'écoule, sa couleur est due à un pigment (la chélidoxanthine) qui s'oxyde à l'air. Les fleurs sont jaunes sont dialypétales, avec 4 pétales en croix et 2 sépales jaunâtres caducs et de nombreuses étamines. Les fruits sont des siliques étroites, glabres, bosselées.
Elle pousse sur les rocailles, décombres, bords de chemins, vieux murs, dans des lieux frais jusqu'à 1500 m d'altitude. On trouve cette plante fraîche parfois même en hiver.

Origines courantes

Europe, Asie, Amérique du nord, Afrique du nord

Période de cueillette

Les sommités séchées sont cueillies au début de la floraison.
Le latex frais est récolté avant la floraison.

Histoire et usages traditionnels

En latin, "chelidonium" signifie "hirondelle", cette plante doit ainsi son nom au fait que sa floraison coïncide avec l'arrivée des hirondelles. Selon Pline, le nom de la plante serait dû au fait que les hirondelles frottent les yeux de leurs petits avec des fragments de cette plante pour aider à les ouvrir. La chélidoine a souvent été considérée comme une plante magique, parfois associée à la magie noire. Pour les alchimistes du Moyen-âge, cette sève de couleur jaune pouvait être le moyen de transformer les vils métaux en or, d'où son surnom de « don du ciel ». Le nom d'"éclaire" fait référence aux fleurs jaune vif qui « éclairent la venue du printemps », évoquant des petits soleils végétaux qui semblent source de lumière, d'où l'utilisation de la plante comme antiophtalmique (elle était même censée rendre la vue aux aveugles) en vertu de la théorie des signatures. D'après cette même théorie, elle était aussi utilisée en cas de jaunisse ou de calculs biliaires.

Extrait et composition

Partie utilisée

Feuilles, rhizome, latex (frais, avant la floraison, voie externe)

Constituants biochimiques

  • Alcaloïdes isoquinoliniques : chélidonine, chélérythrine, sanguinarine, berbérine et coptisine, protopines
  • Autres alcaloïdes : spartéine
  • Acides phénols : acide malique, acide citrique, acide chélidonique, acide caféique
  • Flavonoïdes
  • Caroténoïdes
  • Lipides
  • Le latex contient des enzymes protéolytiques.

Propriétés organoleptiques

Odeur : désagréable, vireuse
Saveur : amère, âcre, pénétrante

Propriétés et usages

Propriétés en aromathérapie scientifique

Voie interne :
– Antispasmodique des voies biliaires et du système digestif
– Analgésique léger des voies biliaires (douleurs de l'hypocondre droit)
– Cholagogue
– Carminative
– Sédative
– Hypotenseur
Voie externe (latex) :
– Verrucide, caustique
– Protéolytique
– Antiviral, antibactérien

Indications traditionnelles

Voie interne :
– Ictère
– Cholécystite
– Douleurs, crampes, spasmes biliaires et hépatiques, engorgement du foie, congestion hépato-biliaire
– Régulation de la motricité péristaltique excessive du système gastro-intestinal, spasmes des muscles lisses intestinaux, constipation
– Engorgement glanduleux du système lymphatique
– Migraine hépatique
– Spasmes bronchiques, asthme
– Hypertension
– Hémorroïdes
– Angoisse des sujets nerveux, excitation cérébrale, insomnie
Voie externe :
– Verrues, condylomes
– Cors, durillons
– Autres excroissances pathologiques
– Ulcères, dartres
– Ophtalmie chronique

Exemples d’utilisation

Voie interne :
– En infusion ou décoction de feuilles sèches : 15 à 30 g de plante séchée dans 1 L d'eau. Boire 2 à 3 tasses par jour.
– En décoction de racines sèches : 10 à 15 g/L d'eau.
– En teinture : parties aériennes sèches (15 à 30 gouttes 3 fois par jour), parties aériennes fraîches (10 à 25 gouttes), utilisation de courte durée.
– En poudre de racine séchée : 2 à 4 g par jour.
– En comprimés standardisés d'extrait sec : en cas de crampes digestives, des voies biliaires, douleurs épigastriques
– En vin diurétique et laxatif : 15 à 20 g de racine infusée dans 1 L de vin blanc. Boire un verre chaque matin.
Voie externe :
– Latex frais en application locale en cas de verrues, cors : 3 fois par jour.
– En décoction diluée de feuilles ou suc frais très dilué (5%) : ophtalmie chronique, inflammation et ulcération des paupières, blépharite
– Suc frais ou racine fraîche écrasée : ulcères, dartres

Précautions et contre-indications
  • Ne pas utiliser sur une longue période ni seule. Toute la plante est cytotoxique (présence d'alcaloïdes) et peut, à forte dose, entraîner somnolence, bradycardie, paralysie des terminaisons nerveuses sensitives.
  • Ne pas utiliser chez les femmes enceintes et les enfants (sauf en local).
À retenir et références

À retenir

Antispasmodique des voies biliaires, la chélidoine a une action intéressante sur la sphère digestive, notamment en cas d'ictère, de cholécystite ou troubles hépatobiliaires. Par voie externe, son latex peut être appliqué directement sur les verrues et les cors. Cette plante présente cependant une certaine toxicité du fait de la présence d'alcaloïdes. Il convient de l'utiliser en mélange avec d'autres plantes et sur une durée limitée.

En savoir plus

En homéopathie, Chelidonium majus peut être utilisé pour les troubles hépatiques graves.

Bibliographie et références

  • Traité de phytothérapie–Dr Jean-Michel Morel–Editions Grancher
  • L'herboristerie – Manuel pratique de la santé par les plantes–Patrice de Bonneval–Editions Désiris
  • https://www.altheaprovence.com/blog/chelidoine-chelidonium-majus/
Chelidonium majus L.

Information et responsabilité

Cette fiche est publiée à titre informatif. Pour toute question de santé ou avant un usage à visée thérapeutique, consultez un médecin. L’utilisation de ces informations relève de votre responsabilité. Jody Elleaume rédige cette fiche à titre personnel. Oshadhi n’intervient pas dans sa rédaction et n’est pas responsable de son contenu.

Retour en haut