L'Herbier de Jody

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Monographie

Gentiane jaune

Gentiana lutea

PlanteGentianaceaeRacines
Principales propriétés

Physique — Tonique amer

Gentiana lutea
Botanique et origine

Noms courants

Gentiane jaune, grande gentiane, quinquina des pauvres, quinquina indigène

Nom anglais

Yellow gentian

Classification botanique

Règne : Plantae
Division : Magnoliophyta
Classe : Magnoliopsida
Ordre : Gentianales
Famille : Gentianaceae
Genre : Gentiana

Habitat et description

C'est une plante vivace vigoureuse dont la hampe florale peut atteindre 2 m de haut. Elle est pourvue d'une grosse racine pivotante de couleur brunâtre (2 à 6 kg). Ses grandes feuilles glabres, opposées et décussées, ont des nervures principales parallèles saillantes et embrassent la tige creuse et non ramifiée vers le sommet. Les fleurs, disposées en verticilles à l'aisselle des feuilles supérieures, ont une corolle (5 cm environ) d'un jaune éclatant. La première floraison n'intervient guère avant 8 ans et n'apparaît ensuite que tous les 4 à 5 ans de juin à août. Les graines ont besoin de l'humidité froide de la neige pour démarrer leur germination.
Elle est présente le plus souvent dans les pâturages d'altitude. Elle peut vivre longtemps, jusqu'à plus de 60 ans.

Origines courantes

Massifs montagneux européens

Période de cueillette

Les racines sont prélevées sur des plantes de 4 à 5 ans d'âge, entre mai et octobre. Elles sont ensuite lavées, coupées et mises à sécher à l'air libre.

Histoire et usages traditionnels

D'après la légende, Gentius, roi d'Illyrie (anciennement l'Albanie), blessé lors d'une bataille en 168 avant J.-C. aurait été guéri par la racine d'une grande plante jaune à laquelle il aurait donné son nom.
Les anciens l'utilisaient comme fébrifuge, contre les vers intestinaux et son amertume était connue et utilisée pour stimuler la digestion, elle entrait également dans la composition de nombreux mélanges comme la célèbre Thériaque. Dioscoride et Pline l'Ancien considéraient cet amer comme le plus apte à combattre l'atonie de l'estomac. Hildegarde de Bingen signalait sa capacité à tonifier le coeur, en réduisant la gentiane en poudre et en l'avalant dans une boisson. La gentiane, chaude et sèche, soulage les maux caractérisés par une surcharge d'humidité froide (tempéraments lymphatiques), comme certains asthmes. A travers les siècles, de nombreuses vertus et indications lui ont été attribuées, protection contre la peste noire, contre-poison contre les morsures de serpents ou de scorpions, soulagement des fièvres liées au paludisme. Pour ce dernier cas, l'importation de l'écorce de quinquina a fait que la racine de gentiane fut moins utilisée et réservée aux nécessiteux vu son prix dérisoire, d'où son surnom de "quinquina des pauvres". Cette racine a une aura telle qu'on l'a aussi gratifiée de vertus magiques comme celle de favoriser les retours d'affection.
Aujourd'hui, elle est connue pour son utilisation en liquoristerie.

Extrait et composition

Partie utilisée

Racines

Constituants biochimiques

  • Iridoïdes et sécoiridoïdes (responsables de l'amertume) et hétérosides : gentiopicrine, amarogentioside
  • Xanthones (colorants jaunes) : gentisine, isogentisine, mangiférine
  • Flavonoïdes
  • Petits sucres (oses) : glucose, fructose, saccharose, gentiobiose, gentianose
  • Polysaccharides
  • Composés triterpéniques : lupéol, bêta-amyrénol
  • Pectines
  • Acides-alcools
  • Huile essentielle : traces

Propriétés organoleptiques

Odeur : faible ou nulle
Saveur : sucrée puis amère de façon persistante et intense

Propriétés et usages

Propriétés en aromathérapie scientifique

  • Tonique amer
  • Tonique digestive et du système nerveux central
  • Apéritive
  • Stimulante des sécrétions salivaires, gastriques et pancréatiques
  • Stimulante de la motricité de l'estomac
  • Carminative
  • Cholagogue
  • Dépurative
  • Fébrifuge
  • Vermifuge
  • Antioxydante
  • Anti-inflammatoire
  • Anti-asthénique
  • Anti-dépressive
  • Immunostimulante

Indications traditionnelles

Voie interne :
– Troubles digestifs : lenteur et insuffisance digestive, dyspepsie, ballonnements, flatulences, poids sur l'estomac
– Perte d'appétit
– Parodontoses
– Asthénie, convalescence
– Anémie
– Anorexie
– Fièvre
– Parasitose (oxyures notamment)
– Oedèmes résiduels
– Etat dépressif et anxieux
Voie externe (feuilles) :
– Plaies, blessures
– Bain de pieds fortifiant

Exemples d’utilisation

  • En infusion légère : 1/2 cuillère à café pour une tasse, laisser infuser 5 min. Boire avant les repas.
  • En décoction (voie interne, très amer) : 30 g de racine séchée par litre, faire bouillir 15 min.
  • En décoction concentrée (voie externe) : 100 g par litre. En application sur les plaies.
  • En teinture-mère ou extrait fluide : 10 à 20 gouttes dans un peu d'eau avant les repas.
  • Sous forme de vins médicinaux, sirops
  • En poudre
Précautions et contre-indications
  • A éviter en cas d'ulcère gastro-duodénal, d'inflammation intestinale par hyper-stimulation (ulcère gastroduodénal, Crohn, rectocolite), chez les sujets irritables, ayant une tendance aux congestions, aux saignements de nez (tempérament bilieux, chaud et sec).
  • De trop fortes doses peuvent entraîner des migraines, des brûlures d'estomac, des nausées et des vomissements.
À retenir et références

À retenir

La gentiane jaune est un tonique amer de référence. Apéritive et stimulante de la digestion, elle est utile en cas de lenteur digestive et divers problèmes liés à la digestion. Elle soulage la fièvre et est utilisée contre les vers intestinaux. Elle tonifie en cas d'asthénie et aide les personnes en état anxieux ou dépressif.

En savoir plus

La récolte de la plante à l'état sauvage est réglementée.
Il convient également de ne pas la confondre avec le vérâtre (Veratrum album) qui est une plante toxique poussant dans le même milieu. Celui-ci possède des feuilles alternes et duveteuses en-dessous reconnaissables et des grappes allongées de fleurs blanches.
La puissance thérapeutique de la racine vient de sa capacité à concentrer pendant des années l'énergie du rayonnement solaire captée pour enfin la faire jaillir dans la tige dans une explosion de fleurs jaunes et de graines qui assureront sa pérennité.

Bibliographie et références

  • L’herboristerie – Manuel pratique de la santé par les plantes–Patrice de Bonneval–Editions désiris
  • Se soigner par les plantes–Dr Gilles Corjon–Editions Jean-Paul Gisserot
  • De la lumière à la guérison, la phytothérapie entre science et traditionndashP. Depoërs, F. Ledoux, P. MeurinndashEditions Amyris
Gentiana lutea

Information et responsabilité

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