Anis vert
Pimpinella anisum
Physique — Carminatif puissant

Botanique et origine
Noms courants
Anis vert, anis, anis cultivé, anis officinal, anis sucré, anis musqué, petit anis, boucage, pimpinelle anisée, pimprenelle d'Egypte, rattrape-mari
Nom anglais
Anise, aniseed, sweet cumin
Classification botanique
Règne : Plantae
Division : Magnoliophyta
Classe : Magnoliopsida
Ordre : Apiales
Famille : Apiaceae
Genre : Pimpinella
Habitat et description
L'anis vert est une plante herbacée, annuelle ou bisannuelle, qui mesure entre 50 et 80 cm de haut. Composée d’une tige dressée et creuse. Ses feuilles sont vertes et duveteuses. Elles sont alternes, pétiolées, non découpées et dentées à la base de la tige puis se découpent en segments fins et étroits au fur et à mesure que l'on monte vers le sommet de la plante. Les fleurs blanches sont petites et rassemblées en ombellules, puis en ombelles de 8 à 15 rayons. Il n’y a pas d’involucre.
Les fruits, des akènes ovales et allongés (2 mm de long), tirent sur le gris vert, sont rétrécis au sommet et duveteux. Ils contiennent des graines qui sont particulièrement parfumées.
La floraison a lieu entre juillet et août.
Cette plante aime le soleil et la chaleur et croît sur des terrains surtout sablonneux ou calcaires.
Origines courantes
Originaire d'Asie
et
des
régions méditerranéennes
orientales, on le
trouve
au
Moyen-Orient,
Afrique du nord, Grèce, Egypte,
il est
cultivé
dans les régions chaudes de
France
et
d'Europe
Période de cueillette
Les graines à maturité (quand elles commencent à tomber) se récoltent 2 mois après les semis, au courant de l'été, de préférence le matin pour conserver leur saveur.
Histoire et usages traditionnels
L'anis vert fait partie des plus anciens remèdes médicinaux, notamment pour ses vertus stomachiques. "Anisum" trouve son origine dans le mot grec "anison" signifiant “faire jaillir” en référence à ses propriétés carminatives.
L’anis vert était utilisé dans les contrées orientales de la Méditerranée depuis des millénaires et cultivé depuis près de 4000 ans en Egypte.
Durant l’Antiquité, les Romains et les Egyptiens l'utilisaient dans la préparation d’alcools tels que le vin et de desserts sucrés et pour ses vertus digestives. L'anis vert composait alors le thériaque, un complexe thérapeutique soulageant de pathologies diverses et intoxications.
Il est mentionné par Hippocrate, Théophraste et Dioscoride. Pline écrit de lui que "l'anis vert se trouve au nombre de quelques plantes louées par Pythagore ; il se prend dans un vin contre les piqûres de scorpion… mis sous l'oreiller de façon à le respirer en dormant, il chasse les mauvais songes. Il donne l'appétit…". Pythagore estimait que les femmes accouchaient plus facilement en le respirant.
Hildegarde de Bingen (XIème siècle) affirmait que attaché autour du cou, "on ne pouvait être victime de l'évocation des démons, des formules magiques, des ensorcellements…". Il renforcerait ainsi un "moi" faible (comme de nombreuses plantes à huile essentielle).
Au XIIème siècle, Platéarius le décrit comme "graine chaude et sèche du troisième degré", utile contre les "ventosités", les indigestions, les rots aigres et les douleurs des boyaux de cause froide, et contre les maux d'oreilles ; et également comme accroissant le lait chez la femme et la semence chez l'homme.
En Inde l’anis vert a également été employé très tôt et continue d’être utilisé en fin de repas dans un mélange de graines à vertus digestives que l’on nomme « Pan massala ».
Sur ordonnance de Charlemagne, au VIIIème siècle, la culture de l’anis vert fut étendue à l’ensemble des contrées européennes, et notamment dans les domaines impériaux. La plante était alors très onéreuse et réservée aux personnalités royales ou religieuses. C'est à cette époque que les moines bénédictins de l’Abbaye de Flavigny élaborèrent ce qui allait devenir les « Anis de Flavigny » (graine d’anis enrobée de sirop aux arômes de fleurs, de réglisse…).
En Angleterre, au XIVème siècle, Edouard 1er avait instauré des taxes autour du commerce de l’anis vert, en raison de ses effets potentiellement psychotropes.
Aujourd’hui, l'anis est toujours très apprécié et consommé dans de nombreuses boissons populaires (ouzo, pastis, pernod, anisette…). La plante froissée dégage un parfum frais et suave qui invite au calme et à la sérénité.
Extrait et composition
Partie utilisée
Graines (fruits)
Constituants biochimiques
- Huile essentielle (2 à 5%) : trans-anéthole (80 à 95%), estragole (2 à 3%)
- Hétéroside : glucose de l'acide benzoïque
- Lipides (25 à 30%)
- Polysaccharides
- Acides-phénols
- Coumarines : furanocoumarines (bergaptène) et coumarines (ombelliférone)
- Flavonoïdes : apigénol, lutéolol, quercétol sous forme glycosylée
Propriétés organoleptiques
- Odeur : parfum anisé caractéristique (dû à l'anéthole)
- Saveur : caractéristique, proche de celle du fenouil et de la badiane
Propriétés et usages
Propriétés en aromathérapie scientifique
- Carminatif puissant
- Eupeptique, stomachique
- Antispasmodique
- Stimulant général (cardiaque, respiratoire, digestif)
- Galactogène
- Emménagogue
- Expectorant
- Analgésique
- Aphrodisiaque
Indications traditionnelles
- Troubles de la digestion : dyspepsie, aérophagie, ballonnements, gaz, flatulences
- Inflammation des voies respiratoires, affections bronchiques : toux, coqueluche, toux des fumeurs, asthme
- Aménorrhée, dysménorrhée
- Difficulté à allaiter (insuffisance lactée)
Exemples d’utilisation
- En infusion : 3 cuillères à soupe (environ 20 g) de semences dans 1 litre d'eau par jour.
- En teinture ou alcoolat : 3 cuillères à café par jour, à prendre avant le repas pour favoriser une bonne digestion.
- Dans la confection de sirop pour la toux
- En poudre : 4 à 8 g par jour, dans du miel par exemple. Les graines doivent être concassées à l'abri de la lumière et de l'humidité pour éviter qu'elles ne perdent rapidement leurs propriétés.
- Par voie externe, en cataplasme (infusé concentré) : en cas d'engorgement laiteux.
Cosmétique
- Il est utilisé dans la fabrication des dentifrices.
- Anti-infectieux et antiparasitaire, il peut également être utilisé en présence de parasites (poux, morpions).
Cuisine
Il est utilisé comme plante condimentaire (graines, feuilles). Ses feuilles fraîches ciselées parfument potages, salades et crudités. Les feuilles ou les graines infusées permettent d'aromatiser des pâtisseries et des confiseries. En Bourgogne, il est utilisé dans la confection du pain d'épice de Dijon.
Précautions et contre-indications
- Aucune toxicité pour les fruits aux doses usuelles.
- En France, la délivrance de l'huile essentielle n'est délivrée que sur prescription médicale car elle est considérée à haute dose comme un stupéfiant et pouvant provoquer confusion mentale, convulsion et congestion cérébrale (troubles similaires à l'absinthisme chronique), la toxicité en est cependant faible aux doses usuelles au vu du faible taux de cis-anéthole.
- A éviter en cas de cancer hormono-dépendant du fait de ses propriétés oestrogéniques.
À retenir et références
À retenir
L'anis vert est connu pour ses vertus digestives (carminatif, eupeptique) depuis très longtemps. Antispasmodique, il peut également soulager en cas de règles douloureuses. Il entre dans la composition de tisanes galactogènes. C'est l'une des 4 semences dites "chaudes".
En savoir plus
Une des caractéristiques de l’anis vert est que la plante entière est aromatique (feuilles, tiges, fruits, fleurs, racines).
L’anis vert peut être confondu avec l'anis étoilé (la badiane), l’anis doux (appelé plus couramment fenouil), l’anis des Vosges (le carvi), le faux anis (le cumin) ou encore l’anis poivré (poivre du Sichuan).
Il fait partie des quatre semences chaudes avec le carvi, la coriandre et le fenouil.
L'essence d'anis appartient à la même catégorie que la morphine en raison de ses effets psychotropes.
L’anis vert, composé d’anéthole, est réglementé car il relève de la régie des alcools, au même titre que la badiane ou le fenouil. L'anéthole (constituant majeur de l'huile essentielle de l'anis vert) est treize fois plus sucré que le sucre.
Bibliographie et références
- L’herboristerie – Manuel pratique de la santé par les plantes–Patrice de Bonneval–Editions désiris
- De la lumière à la guérison, la phytothérapie entre science et traditionndashP. Depoërs, F. Ledoux, P. MeurinndashEditions Amyris
- https://www.altheaprovence.com/blog

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