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Monographie

Desmodium

Desmodium adscendens

PlanteFabaceaeParties aériennes (tiges, feuilles, sommités fleuries)
Principales propriétés

Physique — Normalise les taux de transaminases élevés (traduisant la destruction des cellules hépatiques)

Desmodium adscendens
Botanique et origine

Synonymes botaniques

Desmodium procumbens

Noms courants

Desmodium, trèfle de la savane, colle colle, gros trèfle

Nom anglais

Desmodium

Classification botanique

Règne : Plantae
Division : Magnoliophyta
Classe : Magnoliopsida
Ordre : Fabales
Famille : Fabaceae
Genre : Desmodium

Habitat et description

Plante herbacée bisannuelle de la famille des Fabacées qui se dresse contre les troncs de certains arbres (palmiers et cacaoyers notamment) à l'état sauvage grâce à ses longues tiges rampantes. Elle peut être considérée comme hémiparasite. Les feuilles, plates et nervurées, sont trifoliées alternes, obovales de 15 à 50 mm de long et 10 à 30 mm de large, plutôt glabres sur le dessus et pubescentes sur le dessous. Elle porte des fleurs blanches ou violacées. Le fruit est une gousse articulée de 10 à 25 mm.
Elle vit dans les lieux humides et pousse également dans les jardins potagers.

Origines courantes

Zone équatoriale et régions tropicales de l'Afrique
(pays longeant la côte ouest du Sénégal jusqu'en Angola),
retrouvée aussi en Amérique latine

Période de cueillette

La récolte est pratiquée après la floraison.

Histoire et usages traditionnels

En Afrique, le Desmodium adscendens est utilisé par les tradipraticiens pour diverses affections hépatiques. Le fait que cet usage soit retrouvé au Cameroun, en Côte d’Ivoire et autres pays, est un argument en faveur de la valeur de cette indication. Au Ghana et au Sénégal, les tiges et feuilles sont utilisées dans le traitement de l’asthme et de la jaunisse. Au Venezuela, la plante est utilisée contre l’épilepsie par les tradipraticiens amérindiens.
Au cours de leur travail dans un dispensaire hôpital du Cameroun, entre 1959 et 1963, les Docteurs Pierre et Anne-Marie TUBERY ont appris les résultats surprenants que cette plante obtient dans la phase ictérique des hépatites virales.
Ce sont eux qui ont surtout fait connaître cette plante aujourd'hui réputée en cancérologie pour la prévention des effets hépatotoxiques des chimiothérapies. En 1984, Addy décrit son utilisation dans l'anaphylaxie (manifestations sévères d'une allergie).

Extrait et composition

Partie utilisée

Parties aériennes (tiges, feuilles, sommités fleuries)

Constituants biochimiques

  • Alcaloïdes de type indolique : dérivés de la tryptamine
  • Flavonoïdes : isoflavone, dérivés de flavone et flavonol, vitexine et isovitexine
  • Saponosides triterpéniques : dont soyasaponines I et III
  • Anthocyanosides
  • Acides aminés libres : proline, diacides aminés
  • Acides gras surtout insaturés

Propriétés organoleptiques

Odeur : herbacée
Saveur : herbacée

Propriétés et usages

Propriétés en aromathérapie scientifique

  • Normalise les taux de transaminases élevés (traduisant la destruction des cellules hépatiques)
  • Hépatoprotecteur, régénère et protège la cellule hépatique
  • Stimule les défenses immunitaires, immunomodulateur
  • Anti-allergique
  • Antispasmodique
  • Myorelaxant
  • Anti-épileptique

Indications traditionnelles

  • Hépatites aiguës, virales (A, B, à cytomégalovirus, à HIV), jaunisse
  • Hépatites toxiques (accidentelle, alcoolique, toxicologique), médicamenteuses ou liées à des pollutions diverses
  • Efficacité moindre dans les hépatites chroniques, surtout utile dans la phase aiguë de destruction du foie
  • Cancérologie : prévention des effets hépatotoxiques des chimiothérapies anticancéreuses
  • Traitements médicamenteux au long cours (antibiothérapie longue, traitements neuroleptiques, hormonaux de la ménopause ou contraceptifs, traitement du VIH…)
  • Maladies auto-immunes
  • Traitement de fond en cas d'allergies de type 1 (asthme, urticaire, rhume des foins, eczéma, toux spasmodiques, allergies digestives…)
  • Ulcère d'estomac
  • Constipation
  • Migraines
  • Epilepsie

Exemples d’utilisation

  • En décoction (comme dans la pharmacopée traditionnelle africaine) : 8 à 10 g de plante sèche dans 1 litre d'eau, faire bouillir 15 min, à boire dans la journée. En cas d'allergies ou atteinte de la cellule hépatique, pendant 3 à 4 semaines.
  • En poudre, comprimés, gélules : 4 à 10 g de poudre micronisée par jour en phase aiguë. Gélules de plantes séchées de 250 mg : 4 à 6 gélules par jour en 2 prises.
  • En extrait aqueux : en prévention de la chimiothérapie, 2 cuillères à café de Desmopar matin et soir dans un verre d'eau avant les repas, à commencer la veille du traitement et poursuivre pendant 8 jours (un flacon). Ou l'EPS de Desmodium à raison d'une à 2 cuillérées à café bien pleines (5 à 10 ml) à prendre dans un grand verre d'eau avant le repas de midi, à adapter au rythme de la thérapeutique.
  • Extraits hydro-alcooliques, hydroglycérinés
Précautions et contre-indications
  • Le Desmodium ascendens est dépourvu de toxicité dans les conditions usuelles d'utilisation.
  • A dose élevée, la plante peut entraîner des diarrhées ou nausées, probablement dues au drainage émonctoriel des toxines hépatiques. Il suffit alors de diminuer la posologie pour stopper les réactions digestives.
À retenir et références

À retenir

Le Desmodium est connu pour son action régénérante et protectrice des cellules hépatiques (il normalise des taux de transaminases trop élevés) et est utile dans les pathologies affectant le foie, notamment dans la phase aiguë des hépatites. Il est aujourd'hui souvent conseillé en prévention des effets hépatotoxiques en cas de chimiothérapie anticancéreuse. Il a également des effets anti-allergique et stimulant immunitaire.

En savoir plus

Le Desmodium ascendens ne doit pas être confondu avec ses cousins proches Desmodium gangeticum et Desmodium pulchellum qui n'ont pas ses vertus thérapeutiques.
Le desmodium est indispensable lors d'une hépatite aiguë ou virale. Une fois que le taux de transaminases est stabilisé, d'autres plantes peuvent le compléter comme l'artichaut, le pissenlit, le radis noir ou le Chrysanthellum americanum.
– Il active l'enzyme cyclooxygénase qui augmente la production de prostaglandines myorelaxantes aux dépens des dérivés contractiles (leucotriènes…), ce qui entraîne une relaxation des muscles bronchiques en cas d'asthme notamment.

Bibliographie et références

  • De la lumière à la guérison, la phytothérapie entre science et traditionndashP. Depoërs, F. Ledoux, P. MeurinndashEditions Amyris
  • Traité pratique de phytothérapie–Dr. Jean-Michel Morel–Editions Grancher
  • http://tubery.pierre.free.fr/

Information et responsabilité

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