L'Herbier de Jody

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Monographie

Fumeterre officinale

Fumaria officinalis L.

PlantePapaveraceaePartie aérienne fleurie
Principales propriétés

Physique — Ampho-cholérétique et cholagogue

Fumaria officinalis L.
Botanique et origine

Noms courants

Fumeterre officinale, pied-de-Céline, fiel de terre, herbe à la jaunisse, fleur de terre, fumée de terre, herbe à la veuve, pisse-sang

Nom anglais

Common fumitory, drug fumitory, earth smoke

Classification botanique

Règne : Plantae
Division : Magnoliophyta
Classe : Magnoliopsida
Ordre : Papaverales
Famille : Papaveraceae
Genre : Fumaria

Habitat et description

C'est une plante herbacée annuelle à tige molle souvent couchée de 20 à 30cm. Ses feuilles alternes et profondément divisées ont une couleur bleu-vert. Les petites fleurs tubulaires allongées prolongées d'un éperon, rosées ou violacées avec une extrémité pourpre à rouge foncé, sont réunies en grappes et peuvent fleurir de mars à septembre. Les fruits sont des silicules ovoïdes et contiennent une seule graine.
Elle affectionne les terres incultes et les talus et aime les sols riches en potasse.

Origines courantes

France, Europe

Période de cueillette

La fumeterre officinale se récolte en période de floraison.

Histoire et usages traditionnels

Son nom viendrait de "fumus", fumée, faisant allusion à l'aspect délicat, aérien de cette plante.
Son surnom d'"herbe à la veuve" a été attribué à son odeur si âcre qu'elle faisait pleurer les yeux les plus secs. La fumeterre est connue depuis longtemps des médecins traditionnels, durant l'Antiquité elle était utilisée comme "herbe à jaunisse". Dioscoride, Galien et Pline la recommandaient en cas d'affections du foie. Au XVIème siècle, elle était utilisée comme purgatif doux et dépuratif. Le suc extrait de la plante était utilisé, localement, pour traiter la gale et le prurit.
Les druides l’utilisaient pour favoriser le bien-être des peuples en expulsant les esprits maléfiques.
Une légende raconte qu’elle parvient à la surface de la terre à travers une fumée émanant du sol et non à partir d’une semence, d’où son nom qui dérive de « fumée de terre ».
Elle est surtout connue en médecine populaire.

Extrait et composition

Partie utilisée

Partie aérienne fleurie

Constituants biochimiques

  • Alcaloïdes très nombreux : protopine (fumarine), fumaricine, fumariline, coptisine, hydrastine, protoberbérines…
  • Flavonoïdes : rutine, quercétol
  • Acides phénols : acide caféique, acide chlorogénique, acide cinnamique
  • Acides alcools : acide malique, acide citrique, acide fumarique (composés amers)
  • Minéraux : potassium
  • Tanins
  • Mucilages

Propriétés organoleptiques

Odeur : âcre
Saveur : feuilles légèrement salées et amères

Propriétés et usages

Propriétés en aromathérapie scientifique

  • Ampho-cholérétique et cholagogue
  • Modifie la composition biliaire et régule le flux biliaire
  • Dépurative (essentiellement digestive)
  • Tonique, apéritive, stomachique
  • Antispasmodique (au niveau du sphincter d'Oddi)
  • Anti-histaminique
  • Anti-inflammatoire
  • Diurétique
  • Laxative
  • Hypotensive
  • Sédative légère du SNC
  • Anti-infectieuse
  • Légèrement diaphorétique (facilite la transpiration)

Indications traditionnelles

  • Dyskinésie biliaire avec spasmes, lithiase biliaire
  • Cure dépurative, en mélange avec d'autres plantes
  • Dysfonctionnement hépatique
  • Troubles gastro-intestinaux chroniques (constipation, diarrhée ou alternance des 2, colopathie fonctionnelle), nausées de la femme enceinte
  • Migraines digestives, hépatiques, nerveuses
  • Asthme, allergies
  • Maladies de la peau : eczéma, dartres, furoncles, urticaire
  • Fatigue liée à un dysfonctionnement du foie et de la vésicule biliaire

Exemples d’utilisation

– En infusion : 1 cuillère à café de plante séchée (ou fraîche, moins amère)pour une tasse d'eau froide. Porter à ébullition, puis hors du feu laisser infuser 10 minutes. Boire 2 tasses par jour 1/2h avant les repas.
– En teinture-mère ou extrait fluide : 30 gouttes dans un verre d'eau avant les repas, 2 à 3 fois par jour.
– Suc frais : en ampoules
– En poudre : 2 g à prendre avec un verre d'eau, le matin, le midi et le soir, avant le repas. – En gélules d'extrait sec (250 mg) : 3 à 4 gélules par jour.
– En usage externe : décoction et compresses imbibées, 3 fois par jour, pour le traitement des affections cutanées (eczéma, dartres). L'infusion en application locale peut être utilisée en cas de conjonctivite.
Elle s'utilise le plus souvent à faible dose et en mélange avec d'autres plantes (bardane, pensée sauvage, radis noir, artichaut, desmodium…).

Précautions et contre-indications
  • Pas de toxicité connue aux doses usuelles d'utilisation.
  • Cependant, du fait de sa forte teneur en alcaloïdes, elle sera utilisée sur une période courte, en faible concentration, en association avec d'autres plantes.
À retenir et références

À retenir

La fumeterre officinale est réputée pour son action hépato-biliaire. Ampho-cholérétique et cholagogue et antispasmodique, elle est employée en cas de dysfonctionnement hépatique (migraines, fatigue…) et dyskinésie biliaire, mais aussi en cas de troubles gastro-intestinaux. Utilisée le plus souvent en mélange avec d'autres plantes, elle peut entrer dans la composition d'une cure dépurative.

En savoir plus

La Fumeterre officinale est la seule Papaveraceae à ne pas présenter de latex à la cassure.
L'action principale de la fumeterre est due à la présence d'une alcacloïde, la fumarine (protopine) qui a une action spasmolytique (notamment sur le sphincter d'Oddi, "verrou" de la vésicule biliaire), mais aussi narcotique, ampho-cholérétique et hypotonique. Cependant, ses effets peuvent être inversés lors d'une prise à dose élevée sur une période prolongée, notamment sur la pression artérielle et l'action neurotonique.

Bibliographie et références

  • Traité pratique de phytothérapie–Dr. Jean-Michel Morel–Editions Grancher
  • Se soigner par les plantes–Dr. Gilles Corjon–Editions Jean-Paul Gisserot
  • De la lumière à la guérison, la phytothérapie entre science et traditionndashP. Depoërs, F. Ledoux, P. MeurinndashEditions Amyris
Fumaria officinalis L.

Information et responsabilité

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