Piloselle
Hieracium pilosella
Physique — Diurétique, élimine les chlorures et les dérivés azotés (urée, créatinine, acide urique)

Botanique et origine
Synonymes botaniques
Pilosella officinarum
Noms courants
Piloselle, épervière, herbe à l'épervier, oreille de souris/de rat, veluette
Nom anglais
Mouse ear, hawkweed
Classification botanique
Règne : Plantae
Division : Magnoliophyta
Classe : Magnoliopsida
Ordre : Asterales
Famille : Asteraceae
Genre : Hieracium
Habitat et description
C'est une petite plante vivace munie de stolons lui permettant de s'étaler et former un tapis végétal, de 10 à 20 cm. Elle possède une rosette de feuilles basales, oblongues-lancéolées, hérissées de poils sur les deux faces au toucher doux, gris vert, au centre de laquelle s'élance la tige. Les fleurs ligulées jaune clair à orangé sont réunies en capitule. Le fruit est un akène à aigrettes.
Elle aime les lieux ensoleillés et affectionne les terrains silico-calcaires incultes, arides, pelouses sèches, bords des chemins.
Origines courantes
Fréquente dans toute l'Europe
Période de cueillette
La récolte se fait juste avant ou au tout début de la floraison, entre les mois de mai et juillet selon les régions.
Histoire et usages traditionnels
"Pilos" en grec signifie "poil" et se réfère à la pilosité de toute la plante. "Hierax" en grec veut dire "épervier", les anciens racontaient que cet oiseau de proie mangeait la plante pour aiguiser sa vue, d'où un de ses noms vernaculaires "épervière". La forme de ses feuilles lui a donné d'autres noms vernaculaires comme "oreille de souris" ou "oreille de rat".
Dans les campagnes, elle servait à fortifier la vue et à guérir les blessures. Au Moyen-âge, le jus était censé prédire le sort d'un malade, la mort si celui-ci est rejeté et la guérison dans le cas contraire, il servait aussi à affûter les lames de couteaux. Pour Hildegarde de Bingen, elle réconforte le coeur. Cazin et d'autres auteurs rapportent une utilisation dans le cas d'hémorragies, d'ulcérations internes, de diarrhées chroniques, de tuberculose et d'affections hépatiques, de verminoses, catarrhe bronchique, infections cutanées, syphilis. L'action diurétique est mentionnée plus tardivement.
Extrait et composition
Partie utilisée
Plante entière
Constituants biochimiques
- Coumarines : ombelliférone
- Flavonoïdes : lutéoloside, isoétine
- Acides phénols : acide caféique, acide chlorogénique
- Acides alcools : acide lactique, acide citrique, acide succinique
- Tanins
- Stérols
- Inuline (dans la racine)
Propriétés organoleptiques
Odeur : quasi nulle
Saveur : amère, très astringente
Propriétés et usages
Propriétés en aromathérapie scientifique
Voie interne :
– Diurétique, élimine les chlorures et les dérivés azotés (urée, créatinine, acide urique)
– Hypocholestérolémiante
– Bactériostatique (vis-à-vis de Brucella, responsable de brucellose ou fièvre de Malte ; lié à l'ombelliférone)
– Hypo-cholestérolémiante, anti-athéromateuse
– Astringente
– Anti-tussive
Voie externe :
– Vulnéraire, cicatrisante
Indications traditionnelles
Voie interne :
– Rétention d'eau, oedèmes des membres inférieurs
– Cellulite
– Cystite
– Lithiase urinaire
– Goutte
– Toux grasse
Voie externe :
– Petites plaies, ulcères
Exemples d’utilisation
Voie interne :
– En infusion : 40 à 50 g de plante séchée par litre d'eau froide, porter à ébullition et laisser infuser 10 min, boire 3 tasses par jour.
– En teinture-mère ou extrait fluide : 30 à 40 gouttes dans un peu d'eau, 3 fois par jour
Voie externe :
– Cataplasme de feuilles fraîches : localement en cas de plaies, ulcères
Précautions et contre-indications
- Aucune connue aux doses thérapeutiques préconisées.
À retenir et références
À retenir
La piloselle est principalement utilisée pour son action diurétique bénéfique sur la sphère rénale et favorisant l'élimination des déchets azotés et chlorures. Elle est cependant également intéressante pour ses effets dépuratifs, hypocholestérolémiants et anti-athéromateux et son action antibiotique, notamment en cas de brucellose, peu employés aujourd'hui.
En savoir plus
La piloselle pratique la "guerre chimique" pour contrer la concurrence malgré sa petite taille, en libérant des substances phénoliques toxiques par ses racines et capables d'inhiber la germination des autres espèces alentours, c'est une plante dite télétoxique.
Par comparaison, on peut imaginer qu'elle potentialise la capacité de l'Homme à se décrasser et de rompre avec les attitudes néfastes de son développement personnel.
Bibliographie et références
- Se soigner par les plantes–Dr Gilles Corjon–Editions Jean-Paul Gisserot<br/>
- Traité pratique de phytothérapie–Dr. Jean-Michel Morel–Editions Grancher<br/>
- De la lumière à la guérison, la phytothérapie entre science et traditionndashP. Depoërs, F. Ledoux, P. MeurinndashEditions Amyris

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