La nature n’existe pas…

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C’était un jour où le corps souffrait atrocement.

Je sortais tout juste d’une opération bénigne au niveau abdominal et, durant ma convalescence, je suis lourdement tombé dans les escaliers, me fêlant et me cassant plusieurs côtes. Je devais prendre de la morphine à libération prolongée pour supporter la douleur. J’avais du mal à respirer. Chaque mouvement demandait une attention extrême.

Et pourtant, tous les jours, je prenais mon bâton de marche et je me forçais à faire une petite balade dans mon chemin.

J’avançais très lentement. Un pas après l’autre. Avec beaucoup de conscience. Je n’avais pas vraiment le choix : le corps imposait le rythme. Il fallait ralentir. Profondément ralentir.

Étrangement, cette expérience fait partie des plus beaux souvenirs de ma vie.

C’était à la fois très dur physiquement et professionnellement. Je ne pouvais pas arrêter de travailler sans mettre mes entreprises et mes salariés en péril. Et, en même temps, quelque chose de très transformateur se vivait au niveau de la conscience.

Un pas. Puis l’autre. Présence au corps qui souffre. Présence à la respiration. Présence au sol. Pensée ralentie.

Et dans ce ralentissement forcé, une joie étrange a jailli à l’intérieur de moi. Une joie que je reconnaissais. Une joie sans objet. Pas une joie exubérante, pas une excitation, pas l’euphorie de quelqu’un à qui tout réussit. Une simple joie d’être. Paisible. Profonde. Silencieuse.

Cette joie m’a accompagné tous les jours de ma convalescence.

Le jour où la nature a disparu

Et ce jour-là, alors que je traînais délicieusement la patte dans mon chemin, je me suis mis à contempler le dessin que faisaient les feuilles d’un arbre dans la lumière du soleil couchant.

Je n’ai pas réfléchi. Je n’ai pas cherché quelque chose. Je n’ai pas essayé d’atteindre un état particulier. C’est venu à moi.

Je ne contemplais pas la beauté de la nature à ce moment-là.

Car la nature n’existait pas.

Cette évidence m’a frappé avec une grande douceur. Comme une reconnaissance. Comme un souvenir très ancien.

Il m’est venu la conscience des premiers humains sur Terre. Pour eux, c’était évident : la nature n’existait pas.

Pourquoi ?

Parce que pour qu’il y ait quelque chose que l’on appelle “nature”, il faut qu’il y ait autre chose qui ne soit pas la nature. Il faut une séparation. Un dedans et un dehors. Un “nous” et un “elle”.

Mais pour les premiers humains, il n’y avait rien de cela. Tout était nature. Les humains, les animaux, les végétaux, les minéraux, les rivières, le vent, le feu, les étoiles, les pierres, les naissances, les morts, les peurs, les chants, les gestes du quotidien… tout appartenait au même grand mouvement.

Donc rien n’était “pas nature”.

Et sans opposé, la nature n’existait pas.

Elle n’avait pas besoin d’exister comme concept, parce qu’elle était tout. Elle n’était pas un décor. Elle n’était pas un lieu où l’on va le dimanche pour se ressourcer. Elle n’était pas une catégorie à protéger depuis l’extérieur. Elle était l’évidence même de l’existence.

Et ce qui m’a profondément bouleversé, c’est de sentir qu’au fond, aujourd’hui, rien n’a changé.

Seule notre vision a changé.

À ce moment-là, dans mon chemin, avec mes côtes douloureuses, mon souffle court et cette lumière dans les feuilles, ma vision a été celle des premiers humains. J’ai vu, ou plutôt j’ai senti, que je n’étais pas devant la nature.

J’étais cela.

Et j’en ai pleuré de gratitude. De béatitude. Comme si, après une très longue absence, je revenais à la maison.

“Il faut sauver la nature”

“Il faut sauver la nature.”

Quelle belle intention.

Et en même temps, quelque chose dans cette phrase contient déjà l’origine de la séparation. Car lorsqu’il faut sauver la nature, cela suppose qu’il y a d’un côté nous, les humains, et de l’autre la nature. Nous serions ceux qui agissent sur elle, pour la détruire ou pour la sauver.

Bien sûr, il ne s’agit pas ici d’un pamphlet contre l’écologie. Et encore moins d’une invitation à l’inaction, à l’indifférence ou au cynisme.

C’est simplement une invitation à regarder autrement.

À revenir à un sentiment d’unité avec notre belle planète et tous ses habitants. À retrouver ce profond sentiment d’appartenance, non comme une idée généreuse, mais comme une perception directe.

Il ne s’agit pas non plus de revenir dans des grottes et de chasser le mammouth. Je perçois au contraire que nous pouvons garder nos créations, notre intelligence, notre confort, notre capacité d’inventer, de construire, d’organiser. Tout cela est aussi le mouvement de la vie.

Mais lorsque ce sentiment d’unité avec tout ce qui est s’installe réellement en nous, notre manière d’habiter le monde change naturellement.

Nous prenons soin de ce qui nous entoure, non parce que nous devrions être de bonnes personnes, non parce qu’une morale extérieure nous l’ordonne, mais parce que nous sentons que ce que nous abîmons autour de nous, nous l’abîmons aussi en nous.

Nous cessons peu à peu de dire : “certains ont tort et nous avons raison.” Nous cessons de nous épuiser dans une guerre de concepts. Et nous agissons là où nous pouvons agir, simplement, concrètement, naturellement.

La nature prend alors soin de la nature.

La pollution commence dans le fait de croire que nous ne sommes pas cela.

La nature construit parfois un parking

J’ai entendu un ami citer un auteur dont j’ai oublié le nom. La phrase disait à peu près ceci :

“Parfois, dans la forêt, la nature construit un parking.”

Cette phrase m’a beaucoup parlé.

Elle a retiré une chape lourde de culpabilité : celle de simplement être humain. Car nous aussi, avec nos routes, nos maisons, nos erreurs, nos inventions, nos excès et nos élans de beauté, nous faisons partie de ce grand mouvement.

Cela ne justifie pas l’inconscience. Cela ne justifie pas la destruction. Cela ne donne pas carte blanche à nos négligences.

Mais cela nous sort d’une culpabilité stérile pour nous ramener à une responsabilité plus profonde.

Si un jour je devais faire construire un parking, j’aimerais le faire en prenant le plus possible en compte tous les habitants autour : les arbres, les oiseaux, les insectes, les sols, les eaux, les humains qui l’utiliseront, ceux qui le verront, ceux qui vivront à côté.

Non par devoir moral, mais parce que je me souviens maintenant qu’ils sont aussi moi.

Méditation olfactive avec l’huile essentielle de Pin sylvestre

Pour accompagner ce retour au sentiment d’unité, l’huile essentielle de Pin sylvestre peut être une très belle alliée.

Son parfum résineux, frais, forestier, balsamique, nous ramène immédiatement à la merveilleuse résilience de ces arbres incroyables. A leur parfaite unité avec ce qui les entoure. Il y a dans le Pin sylvestre quelque chose de sage et de délicieusement énergisant, une invitation à retrouver notre axe sans nous séparer de ce qui nous entoure.

Voici une méditation olfactive simple que vous pouvez pratiquer lorsque vous sentez que vous êtes trop dans la tête, dans la séparation, dans le commentaire intérieur, ou simplement lorsque vous souhaitez vous souvenir que vous êtes le vivant.

Déposez une goutte d’huile essentielle de Pin sylvestre sur une touche à sentir, un mouchoir ou un support adapté. Ne mettez pas l’huile essentielle directement sur la peau pour cet exercice.

Installez-vous assis, si possible près d’une fenêtre ouverte, dans un jardin, au bord d’un chemin, ou simplement dans un endroit calme. Fermez les yeux quelques instants.

Approchez doucement le parfum, sans chercher à respirer fort. Laissez-le venir à vous.

Sentez d’abord la fraîcheur. Puis la dimension résineuse. Puis peut-être quelque chose de plus profond, de plus boisé, de plus silencieux. Comme si, à travers ce parfum, une forêt entière venait doucement respirer avec vous.

Puis portez votre attention sur votre colonne vertébrale. Sentez votre axe. Non pas un axe rigide, mais une verticalité vivante, comme celle d’un arbre qui s’élève parce qu’il est enraciné.

À l’inspiration, laissez le parfum du Pin sylvestre vous rappeler l’espace. À l’expiration, laissez votre corps se déposer davantage dans la terre.

Puis ouvrez un peu plus largement la perception : les sons autour de vous, la lumière derrière les paupières, les sensations dans les mains, les pieds, le visage, la respiration.

Sans chercher à imaginer une forêt. Sans fabriquer une expérience spirituelle. Juste sentir.

Puis posez intérieurement cette question très simple : où est la frontière exacte entre moi et la vie ?

Ne cherchez pas à répondre mentalement. Laissez la question agir. Laissez le parfum, le corps, le souffle et l’espace répondre sans mots.

Restez là quelques minutes.

Lorsque vous ouvrez les yeux, prenez le temps de regarder autour de vous comme si vous ne connaissiez plus le mot “nature”. Comme s’il n’y avait pas vous d’un côté et le monde de l’autre. Seulement cela. La vie, sous toutes ses formes, en train de se vivre.

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Revenir à l’unité

Si le cœur vous en dit, et si vous sentez que ce retour à l’unité, à la présence et au vivant vous appelle, il peut être précieux d’être accompagné.

Non pour ajouter une nouvelle croyance. Non pour apprendre à devenir quelqu’un de plus spirituel, de plus pur, de plus aligné. Mais pour revenir, simplement, à ce qui est déjà là lorsque le bruit des pensées se calme un peu.

Je vous accompagne avec joie dans ce retour à soi, au monde et au vivant, en séance individuelle, et aussi lors de stages et retraites où la nature, le silence et la présence deviennent des maîtres très simples.

Peut-être qu’au fond, il n’y a rien à rejoindre.

Peut-être qu’il n’y a pas à se reconnecter à la nature.

Peut-être qu’il suffit de voir que nous ne l’avons jamais quittée.

À bientôt pour de nouveaux partages pleins d’amour.

Jody Elleaume
Herbaliste

Pour aller plus loin

Réserver une séance individuelle
https://jody-elleaume.fr/rendez-vous-individuels/

Découvrir mes stages et retraites
https://jody-elleaume.fr/stages-et-retraites/

Huile essentielle de Pin sylvestre extra – Oshadhi
https://www.myrtea-oshadhi.com/produit/1475/pin-sylvestre-extra-aiguille

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