La vie est ici et maintenant

Ici et maintenant

« Quand j’aurai reçu cette promotion, je pourrai vraiment m’épanouir. Quand ce problème sera réglé, je pourrai enfin souffler. Quand je serai en week-end, je pourrai me relaxer. Quand je serai en couple, je serai heureux. Quand j’aurai atteint la paix, tout sera parfait… »

Nous connaissons tous ces pensées. Elles accompagnent nos journées, parfois discrètement, parfois avec insistance. Elles sont autant d’élans perpétuels vers un futur supposé plus lumineux, plus confortable, plus complet. Un futur dans lequel nous serions enfin plus tranquilles, plus reconnus, plus aimés, plus libres, plus vivants.

Elles argumentent avec force. Elles semblent même très raisonnables. Après tout, il y a bien ce problème à régler, cette réponse à recevoir, cette fatigue à dépasser, cette situation à améliorer. Le mental a toujours d’excellentes raisons de dire qu’ici et maintenant, ce n’est pas encore tout à fait ça.

Et si, pourtant, notre regard sur la vie était orienté au mauvais endroit ?

La grande promesse du “plus tard”

Le point de départ de cette envie d’ailleurs, de cette insatisfaction plus ou moins subtile, est souvent le même : nous souffrons, et nous voulons ne plus souffrir. Ou alors nous cherchons à atteindre un plus grand sentiment de “moi” à travers la réussite, l’amour, la paix, la complétude, le regard des autres, la reconnaissance, l’amélioration de soi.

Tout de suite, ce n’est pas assez. Tout de suite, il manque quelque chose. Et cela aussi est une forme de souffrance.

Seulement voilà : dans ce mouvement perpétuel vers l’avant, vers autre chose, vers une version améliorée de notre vie, nous passons souvent à côté de la seule réalité qui soit directement accessible.

Cette réalité est très simple. Presque trop simple pour le mental.

Où se déroule vraiment notre vie ?

Prenons un moment et observons. Où se déroule la totalité de notre vie ?

On peut le tourner dans tous les sens : tout ce que nous vivons se déroule ici. Et maintenant. Là… et là… et là encore.

Le mental peut argumenter, se crisper, nier, compliquer. Cela ne change rien à cette évidence. Même le souvenir le plus ancien apparaît maintenant, sous la forme d’une pensée, d’une image, d’une sensation. Même le futur le plus espéré ou le plus redouté apparaît maintenant, sous la forme d’une projection, d’une anticipation, d’un scénario.

Le passé n’est plus là. Le futur n’existe pas. Ce que nous appelons habituellement “ma vie” n’est qu’une histoire que la pensée raconte à partir de souvenirs et de projections. Mais l’expérience vivante, elle, est toujours immédiate.

Elle est ici. Elle est maintenant.

Cela ne veut pas dire qu’il ne faut plus rien organiser, plus rien prévoir, plus rien construire. Bien sûr que la vie concrète demande parfois de planifier, d’agir, de répondre, de créer. Mais il y a une immense différence entre utiliser la pensée comme un outil pratique et être absorbé, presque en permanence, par un récit mental qui nous arrache à la réalité vivante de cet instant.

Un petit exercice de présence

Alors, arrêtons-nous un instant. Pas demain. Pas quand tout sera réglé. Maintenant.

Prenons simplement le temps d’observer.

  • Qu’est-ce qui est entendu, tout de suite ? Sans chercher à identifier les sons, sans les commenter, sans décider s’ils sont agréables ou désagréables. Simplement entendre.
  • Qu’est-ce qui est ressenti dans le corps ? Les points de contact avec le siège, le sol, les vêtements. Les tensions peut-être. Les zones plus détendues. Les mouvements subtils de la respiration.
  • Qu’est-ce qui est vu ? Les formes, les couleurs, la lumière, l’espace autour des objets. Sans forcément mettre des mots. Juste voir.
  • Et au milieu de tout cela, peut-être pouvons-nous percevoir l’espace silencieux dans lequel les sons, les sensations, les images et les pensées apparaissent.

Rien à réussir. Rien à fabriquer. Rien à atteindre.

Entendre, ressentir, voir… et reconnaître l’espace de conscience, de présence, dans lequel tout cela se déroule. Voilà ce qui est vrai, tout de suite. Voilà le seul endroit où la vie peut être rencontrée.

Et si le mental commente l’exercice, c’est parfait aussi. Ce commentaire est simplement une pensée de plus, apparaissant elle aussi maintenant. Et si la pensée est « vue », elle n’est pas « moi », juste un mouvement à la surface.

La vraie matrice

Lorsque notre conscience est absorbée par un récit perpétuel sur le passé ou le futur, nous passons à côté de notre vie. Nous ne vivons plus vraiment : nous avançons dans un brouillard de pensées, en direction d’un fantasme qui promet sans cesse que l’essentiel se trouve ailleurs.

C’est peut-être cela, la vraie matrice. Non pas une machine extérieure qui nous enferme, mais cette pensée intime et répétitive qui affirme : “Je serai mieux ailleurs. Je serai mieux plus tard. Je serai mieux quand…”

Et bien souvent, cette pensée qui prétend nous conduire vers la paix est précisément ce qui nous éloigne de la paix.

Alors, que faire ?

Avant de chercher une méthode, il est précieux d’observer honnêtement si cela résonne pour nous.

Est-ce que je souffre de ma manière d’être au monde ? Est-ce que je constate que je passe beaucoup de temps absorbé dans mes pensées et peu de temps à goûter réellement l’ici et maintenant ? Est-ce que je fantasme souvent un ailleurs, dans le temps ou dans l’espace ? Est-ce que je remets inconsciemment ma vie à plus tard ?

Si nous souhaitons réellement revenir à la présence, il existe des pratiques très simples. Elles ne demandent pas de croyance particulière. Elles demandent seulement une sincérité : celle de revenir, encore et encore, là où la vie se déroule vraiment.

  • Observer régulièrement : où va ma conscience ? Suis-je en train d’alimenter mentalement un ailleurs qu’ici ? Suis-je en train de passer à côté de ma vie ?
  • Revenir au corps : sentir la respiration, les appuis, les mains, le ventre, le mouvement très simple de l’inspiration et de l’expiration.
  • Créer de petits rendez-vous quotidiens avec la présence : quelques minutes de silence, une marche consciente, une méditation, une cohérence cardiaque, un moment d’olfaction, une pause sans téléphone.

Il ne s’agit pas d’ajouter une nouvelle performance spirituelle à nos journées. Il s’agit plutôt de retrouver la simplicité de ce qui est déjà là.

Ici et maintenant

L’olfaction : revenir à la présence par le parfum

Parmi nos sens, l’odorat possède une puissance très particulière. Un parfum ne se pense pas vraiment. Il se reçoit. Il traverse les filtres, touche le corps, éveille parfois des souvenirs, mais surtout il peut nous ramener très vite à l’expérience directe.

Certaines huiles essentielles accompagnent merveilleusement ce retour à l’ici et maintenant.

L’huile essentielle d’Oliban est associée depuis la nuit des temps aux pratiques contemplatives. Son parfum profond, résineux, lumineux, semble inviter la conscience à se redresser intérieurement. En olfaction consciente, sans attente, elle peut nous aider à laisser se dissiper le voile de “maya”, cette illusion qui nous fait prendre nos pensées pour la réalité.

L’huile essentielle de Vétiver, elle, nous invite à ralentir. À nous arrêter. À descendre dans le corps. Son parfum dense, terreux, racinaire, ramène la conscience vers la base, vers la matière, vers l’enracinement. Elle peut être précieuse lorsque l’activité mentale nous disperse et que nous avons besoin de nous déposer pleinement dans notre corporalité.

Petit rituel quotidien de présence avec une huile essentielle

Voici un rituel très simple, à pratiquer quelques minutes par jour.

  • Déposez une goutte d’huile essentielle d’Oliban ou de Vétiver sur une touche à sentir, un mouchoir ou un support adapté, sans contact direct avec la peau.
  • Installez-vous confortablement. De préférence assis, le dos naturellement droit, sans rigidité.
  • Approchez doucement le parfum. Ne cherchez pas à obtenir un effet. Ne cherchez pas à vous calmer. Ne cherchez même pas à méditer. Laissez simplement le parfum être là.
  • Pendant quelques respirations, sentez comme si c’était la première fois. Quelle est la texture du parfum ? Sa profondeur ? Son mouvement ? Où cela résonne-t-il dans le corps ?
  • Puis élargissez votre attention : les sons, les sensations du corps, la respiration, l’espace autour de vous.
  • Quand l’exercice est-il terminé ? Jamais… Reprenez le mouvement de votre journée mais sans perdre la pleine présence à ce qui est.

Quand l’inconfort remonte

Il est courant, lorsque l’on ouvre la porte de la pleine présence dans sa vie, que des choses inconfortables remontent à la surface : tensions physiques, émotions, tristesse, agitation, souvenirs, peurs anciennes, schémas que l’on croyait avoir dépassés.

C’est parfaitement normal.

Tout ce qui, dans notre histoire, n’a pas été pleinement accueilli à la lumière de la conscience peut demander à être vu. Il ne s’agit pas de lutter contre cela, ni de l’analyser à l’infini, ni d’en faire une nouvelle identité. Il s’agit d’apprendre à permettre.

Permettre à une sensation d’être là. Permettre à une émotion de traverser. Permettre à une pensée d’apparaître sans forcément la suivre. Permettre à un schéma d’être vu pour ce qu’il est : un automatisme ancien, souvent souffrant, mais pas une vérité absolue.

Quand les schémas sont vus ainsi, avec présence, ils perdent peu à peu leur solidité. Ils ne sont plus “moi”. Ils sont simplement des mouvements qui apparaissent dans l’espace de la conscience. Et ce qui est vu avec clarté n’a plus besoin de gouverner notre vie de la même manière.

Au bout d’un certain temps, nous pouvons constater que le silence intérieur prend le pas sur le bruit. Que certains automatismes se manifestent moins. Que la vie n’a pas forcément changé extérieurement, mais que notre manière de l’habiter s’est profondément apaisée.

Il reste alors le jeu de la vie, dans toute sa beauté, son intensité, sa poésie. La vie telle qu’elle est. Ici. Maintenant.

Revenir, simplement

Il est possible aussi que, inconsciemment, de nombreux actes manqués nous empêchent d’installer une véritable hygiène de présence. Nous oublions de pratiquer. Nous remettons à demain. Nous trouvons mille choses plus urgentes. Et c’est encore la même dynamique : quelque chose en nous craint peut-être d’être vu, conscientisé, traversé.

Là encore, inutile de se juger. Il suffit de voir. D’écouter. De respirer. De ressentir.

Et ça y est : nous sommes de nouveau là.

Être accompagné

Au début, ou à certains moments de vie plus sensibles, il peut être précieux de se faire accompagner dans ce plein retour à soi. Non pas pour ajouter une nouvelle méthode, une nouvelle croyance, une nouvelle injonction à aller mieux, mais pour retrouver ensemble cet espace simple, silencieux, vivant, dans lequel les schémas peuvent être vus et se dénouer.

C’est avec joie que je vous accompagne dans cette démarche, en séance individuelle, autour de la présence, de l’écoute intérieure, du détricotage des schémas souffrants et, lorsque cela est juste, avec l’aide subtile de l’aromathérapie.

Rien ne me réjouit davantage que de partager avec quelqu’un un véritable moment de présence. Un moment où l’on n’a plus besoin d’aller ailleurs. Un moment où l’on découvre, très simplement, que la vie est déjà là.

Ici et maintenant.

Jody Elleaume
Herbaliste

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez découvrir les huiles essentielles évoquées dans cet article :

Et si vous souhaitez être accompagné dans ce retour à la présence, découvrez mes stages et retraites que je propose autour de la présence, de la nature et du silence et mes séances d’accompagnement individuel :

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